Origami : quand la science rencontre le design

Quel point commun y-a-t’il entre une théorie de construction de l’univers, une cocotte en papier et la paume de votre main ? La réponse : le pliage

Le pliage dans sa pratique la plus connue, l’origami, existe depuis plusieurs centaines d’années.
Pourtant, malgré son développement et sa popularité récente (comme son entrée dans les musées), l’image du pliage auprès du grand public est associée à une activité enfantine et tout au plus un passe-temps.

Ce préjugé est bien loin de la réalité. En effet, le pliage est aujourd’hui considéré comme un système de structuration efficace de la matière, développé par la nature sur des millions d’années.
Véritable succès évolutif, les formes pliées sont devenues omniprésentes se retrouvant à toutes les échelles du vivant et de l’inerte. Quoi de plus normal donc que l’homme se soit intéressé de près à ce système, et ce à tous les niveaux.

Quelques exemples permettent d’illustrer ces propos :

Les séries de conférence à succès d’Origami Science Mathematic and Education (OSME) rassemblant plusieurs centaines de participants scientifiques et artistiques,
Les recherches spatiales depuis les années 1970 à partir de prototypes fonctionnels tels que les panneaux photovoltaïques dans l’espace de Sergio Pellegrino (Caltech university),
Les recherches sur les structures auto-assemblage de quelques microns de haut de Mark Miskin (Cornell university).
Les designers ont aussi investi le pliage et notamment l’assemblage de structures complexes. Le Lustre Songe pour Salamandr est un très bon exemple.
Yoshinobu Miyamoto (Aichi institute of technology) explore les possibilités architecturales tendant vers des structures stables à montage rapide voire à l’auto-assemblage de celles-ci. Des réalisations à découvrir sur le profil Flickr du professeur.

Crédit : Yoshinobu Miyamoto

Ces quelques exemples montrent qu’il ne faut pas réduire le pliage à de simples formes géométriques colorées mais que ces recherches laissent imaginer des utilisations futures aux potentiels vertigineux.
Enfin, il faut noter que ces technologies seront au service de l’humain. Le pliage, en ce sens, est une des pratiques humaines les plus éminemment transmissibles et accessibles. Un bon exemple est le travail éducationnel que poursuit par Miri Golan, plieuse israélienne, et son logiciel Origametria. Destiné principalement à l’enseignement des mathématiques, ce programme basé sur le pliage réconcilie les enfants avec la géométrie et développe leur analyse des volumes dans l’espace.

Le pliage, une fois les préjugés dépassés, apparaît comme un vaste espace de recherche et de création protéiforme.
Un champ exploratoire qui vous tend les bras, à vous de le saisir !

Gwenaël Prost

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